
"Assurer la continuité du service public pour que les parents ne soient pas pris en otage"
Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale, a présenté, le 26 mai dernier, aux syndicats les grandes lignes d’un avant-projet de loi instituant un droit d'accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire obligatoire.
Les principales lignes de cet avant-projet de loi sont les suivantes :
- Le Principe du droit à l'accueil :
Tout enfant scolarisé dans une école maternelle ou élémentaire publique y est accueilli pendant le temps scolaire obligatoire pour y suivre les enseignements prévus par les programmes.
Lorsque ces enseignements ne peuvent être dispensés, il bénéficie d'un service d'accueil.
- Une négociation préalable :
Avant tout dépôt d'un préavis de grève, l'Etat et les organisations syndicales doivent conduire une négociation préalable.
Cette procédure d'alerte sociale, qui sera fixée par un décret en Conseil d'Etat, est inspirée de ce qui a été mis en place dans les transports.
- Une Déclaration préalable des grévistes :
Lorsqu'un préavis de grève a été déposé, les enseignants des écoles primaires qui veulent faire grève doivent informer, 48 heures avant la grève, l'autorité administrative dont ils relèvent.
- Le Seuil à partir duquel les communes doivent organiser l'accueil :
Lorsqu'au moins 10 % du nombre total des enseignants exerçant leurs fonctions dans les écoles publiques d'une commune ont annoncé leur intention de faire grève, la commune organise le dispositif nécessaire à l'accueil des enfants.
- Le Financement :
L’Etat verse une contribution financière aux communes lorsqu'elles ont effectivement mis en place l'accueil des élèves.
Un décret précisera le montant et les modalités de versement de cette contribution qui tient compte du nombre d'élèves effectivement accueillis.
En proposant d'instaurer un droit à l'accueil des enfants scolarisés dans les écoles maternelles et primaires, le Président de la République a voulu permettre à la liberté de faire grève et à la liberté de travailler, de s'exprimer pleinement.
Il a souhaité que la loi rétablisse un équilibre entre la nécessité de ne pas ôter aux enseignants leur moyen d'action et la nécessité de pourvoir à l'accueil des enfants pour ne pas priver les parents d'une journée de travail.