OGM : EXPLICATION DE VOTE
Alors que dans d’autres pays européens, le Parlement a eu, parfois à plusieurs reprises, à se prononcer sur le développement et l’encadrement des biotechnologies végétales, la France vient d’organiser un tel débat, alors même que des impératifs juridiques, économiques mais aussi sociaux plaidaient en sa faveur.
Dans les médias, on trouve sur les OGM un nombre considérable d'informations souvent contradictoires. Tous ces éléments nuisent à la clarté du débat, créent la confusion dans l’esprit des Français, contribuent à des prises de positions radicales, et les bénéfices potentiels que peuvent présenter les OGM sont très souvent passés sous silence.
Il appartenait à la représentation nationale de se prononcer sur la question des OGM en dépassant le simple débat « pour ou contre » qui oppose interdiction absolue et soutien inconditionnel aux OGM, et donc faire des choix concrets.
Il s’agissait de définir sous quelles conditions, dans quel but et dans quel cadre l’utilisation et la culture des OGM peuvent être autorisées.
Un choix guidé par quatre principes
Ce projet de loi pose quatre principes qui ont guidé mon choix lors du vote :
- Le principe du libre choix de produire ou de consommer avec ou sans OGM sans que cela nuise à l'intégrité de l'environnement et à la spécificité des cultures traditionnelles et de qualité ;
- Le principe de précaution et de prévention, avec une expertise objective, pluraliste et pluridisciplinaire, assurée par la mise en place d’un Haut conseil des biotechnologies ;
- Le principe de responsabilité de l’exploitant, avec l’obligation de constituer des garanties financières pour couvrir un préjudice éventuel ;
- Enfin le principe de transparence et d’information, avec la mise en place d’un registre public de toutes les parcelles, pour que tout le monde puisse être informé en permanence.
OGM, un signal fort en faveur de la recherche
Par ailleurs, le texte sur les OGM donne un signal fort en faveur de la recherche. Il permettra d'encourager la recherche sur les biotechnologies, en faveur de laquelle le Gouvernement a déjà débloqué 45 millions d’euros de crédits supplémentaires.
Un Haut Conseil des biotechnologies permettra à la France de renforcer son indépendance nationale et européenne, sa souveraineté et sa compétitivité. Composé de scientifiques de renom, à même d’évaluer l’ensemble des risques pour la santé humaine et l’environnement, il pourra éclairer par ses avis et ses recommandations, les choix du Gouvernement et des membres de la société civile concernés.
La création du Haut Conseil des biotechnologies constitue ainsi à mon sens une avancée majeure.
Répondre aux défis de l'avenir
Cette recherche permettra peut-être de répondre aux défis de l'avenir : un défi environnemental, en essayant de mettre au point des plantes génétiquement modifiées qui pousseraient sans herbicide et sans pesticide ; un défi alimentaire mondial en produisant des plantes qui économiseraient l’eau permettant ainsi à beaucoup de pays en voie de développement de nourrir leur population ; enfin il nous permettra peut-être de répondre au défi sanitaire. Saviez-vous qu'un tiers des médicaments sont issus des biotechnologies, que des chercheurs japonais viennent de fabriquer un vaccin contre le choléra en recourant à un riz transgénique, ou que la thérapie génique fait de grands progrès en matière de lutte contre le cancer ?
Faire le choix de s'abstenir ou de voter contre ce texte, c'était faire le choix de rester dans le flou total, de rester dans l'insécurité juridique, et de mettre la France en position de dépendance en matière de recherche.
Faisons confiance à nos scientifiques pour nous éclairer sur les choix de culture OGM et organisons la vigilance et la transparence autour des cultures.
Pour toutes les raisons que je viens d'évoquer, j'ai décidé de voter en faveur de ce texte.
Cordialement,
Emile BLESSIG,
Votre député.